Top

   

Le business du tatouage avec "Le tatoué"

Les imprimantes 3D sont capables de tout: reconstituer de la peau, fabriquer des armes, des bombes, et même tatouer.

"Le tatoué", c'est le nom de cette imprimante détournée, créée par trois étudiants français. Si le prototype est opérationnel depuis 2014, le but est maintenant de créer une machine à ce seul usage.

Il est loin le temps du tatouage à la plume d'albatros chez un maître tatoueur maori, ou à l'aiguille rouillée dans la cave à vélo d'un immeuble de banlieue. Le futur est dans la démocratisation du tatouage à l'imprimante 3D, annihilant tout risque de tétanos... Si pour certains rien ne vaut le charme d'un tattoo imparfait, cela pourrait encourager encore plus de gens à sauter le pas.

Le projet est né en octobre 2013. «Les imprimantes 3D nourrissent l'imagination et nous nous intéressons beaucoup tous les trois aux univers graphiques: l'idée de ce projet d'étude s'est donc imposée d'elle-même», explique Pierre. À la question de savoir si le «tatoué» mettra en péril le travail des professionnels, l'étudiant réplique: «Au contraire, ils pourront déléguer des tâches pénibles comme la répétition d'un motif sur une très longue période, ou la grande précision d'un dessin manuellement compliqué à réaliser, explique-t-il. Nous admirons le travail des tatoueurs, et avec cette machine, nous espérons leur permettre de passer moins de temps à penser à l'aspect technique pour pouvoir exprimer leur art en proposant de nouveaux motifs».

Appropriate Audiences, le collectif responsable de la création de la tatoueuse-imprimante, est composé de trois étudiants français. En workshop pour l'ENSCI (Ecole Nationale Supérieur de la Création Industrielle) fin 2013, ils ont l'idée de créer une machine à tatouer. En remplaçant l'extrudeur par une aiguille et en ajoutant un programme de conception graphique, ils ont donné à l'imprimante Makerbot Replicator 2 un tout nouvel usage. Bien sûr, les premiers essais se sont faits au feutre mais ont très rapidement été testés sur de la peau synthétique. Réalisés dans des salons d'innovation, les tests sont concluants.

Des outils technologiques qui reproduisent un motif, c'est le risque de ne pas posséder un tatouage unique. Reproduit à grande échelle, le tatouage ne risque-t-il pas de perdre son essence-même? Celle de s'encrer dans la peau une iconographie personnelle.

Succès international

Présentée à la galerie Nikki Diana Marquardt en octobre à Paris à l'occasion de l'Autodesk gallery (un salon organisé par le leader mondial de logiciels de conception 3D du même nom), le «tatoué» connaît un succès auprès des entrepreneurs français. Mais c'est à l'international que l'innovation compte le plus d'adeptes: le trio d'étudiants a participé à plusieurs salons dans le monde, de Saint-Pétersbourg à Rome.

Malgré tout l'engouement que suscite la machine à tatouer, la commercialisation n'est pas prévue pour tout de suite. Les concepteurs veulent d'abord développer au maximum l'imprimante pour l'adapter aux besoins des tatoueurs. Ils ont néanmoins déjà déposé un brevet pour leur invention et souhaiteraient «laisser des machines tests chez différents tatoueurs à travers le monde», avant de démarrer leur start-up et de «s'inscrire dans l'histoire du tatouage», conclut Pierre

Author: Chloé
About me

Nous utilisons les cookies pour améliorer votre expérience de navigation sur notre site. We use cookies to improve our website and your experience when using it. Cookies used for the essential operation of this site have already been set. To find out more about the cookies we use and how to delete them, see our privacy policy.

  I accept cookies from this site.
EU Cookie Directive Module Information